Langue(s) et identité(s) à l'époque des Lumières: le cas du patricien néerlandais Gijsbert Karel van Hogendorp (1762-1834)
Abstract
Dans le contexte multilingue des Provinces-Unies, le français devient progressivement seconde langue des élites néerlandaises. Au cours du 18e siècle, la critique des valeurs culturelles françaises va de pair avec l’intérêt croissant pour l’allemand et l’anglais, et la revalorisation du néerlandais. Nous étudions l’influence de ce multilinguisme sur la construction identitaire de Gijsbert Karel van Hogendorp (1762-1834) : identité sociale et culturelle façonnée par sa mère Carolina van Haren, puis par un mentor qui consolide ses connaissances des langues classiques et l’initie à l’allemand et à l’anglais. Alors que se diffuse l’idée qu’une nation est une communauté liée à une langue, on constate chez Van Hogendorp, une prise de conscience de son identité nationale liée à une maîtrise de plus en plus affinée du néerlandais.

