‘Les Pays-Bas entre Europe et le monde: l’européisme hésitant aux Pays-Bas pendant l’entre-deux-guerres’

Abstract

«La citadelle la plus avancée du libéralisme en Europe»fut l’expression utilisée par Lucien Coquet, délégué général de l’UnionDouanière Européenne (UDE) pendant l’entre-deux-guerres, pour parler desPays-Bas: un petit pays à la marge du continent européen, mais avec un vasteempire colonial et un commerce international important. Pour les Néerlandais,la neutralité, les colonies, le commerce mondial et le libre-échange étaientles piliers de la politique étrangère. Cette perspectivemondialiste explique lefaible intérêt européiste aux Pays-Bas pendant l’entre-deux-guerres. Alors queCoquet avait ses contacts aux Pays-Bas, que l’UDE avait une organisationaffiliée aux Pays-Bas – l’Entente Douanière Européenne (EDE) – et qu’ilexistait un certain nombre d’autres organisations européistes, l’européisme enthousiasten’était pas très répandu dans ce pays durant cette période, à l’inverse de laFrance. Dans cet article, nous replacerons l’européisme néerlandais dans lecontexte des relations internationales et dans la nébuleuse des organisationseuropéistes. Nous examinerons plus particulièrement les réseaux de l’UDE/EDE.L’analyse de ces réseaux nous permet de situer les Pays-Bas dans les débatseuropéistes transnationaux, et par la même occasion, de montrer les limites etles déterminants nationaux des initiatives transnationales menées par lesorganisations de la société civile